Choisir un psychothérapeute

Psychothérapeute ? Psychothérapie ?

La richesse de la diversité

En France, comme dans de nombreux pays, la profession de psychothérapeute, comme celle de psychanalyste, est exercée par des personnes ayant des formations diverses.
Cela participe de la richesse et de la créativité de cette profession qui s’adapte aux évolutions des besoins de tous. Cela participe également des risques inhérents à la diversité.
Si l’exercice du soin de l’âme existe dans toutes les cultures depuis l’antiquité, l’apparition du terme psychothérapeute remonte à seulement un peu plus d’un siècle.

La reconnaissance de l’exercice de la psychothérapie concerne des pratiques différentes, des outils différents, des certifications différentes. Jusqu’à la loi de 2009, il était d’usage en France de considérer comme psychothérapeutes : 

  • certains médecins et en particulier certains psychiatres ;
  • certains psychologues et en particulier les psychologues cliniciens et certains psychologues formés aux techniques comportementales et cognitives ;
  • ainsi que certaines autres personnes s’étant formées au métier de psychothérapeute, sans être pour autant ni médecins psychiatres ni psychologues. 

Bien que quiconque, jusqu’à la loi de 2009, pouvait apposer une plaque de psychothérapeute, ce titre était théoriquement attribué quand ces médecins, psychologues et autres répondaient à un certain nombre de critères attestant de leur formation théorique, pratique et humaine. 

Jusqu’à la loi de 2009, les psychothérapeutes, quelles que soient leur formation et leur expérience, et malgré les efforts de leurs organismes représentatifs, n’avaient pas de reconnaissance ni de statut en France. 
Pour autant, leurs actes pouvaient être pris en charge par certaines mutuelles, ou certains programmes subventionnés.
Quiconque pouvait mettre sa plaque de psychothérapeute et recevoir du public. Les charaltants et les personnes insuffisemment formées n’étaient pas rares et leurs pratiques pouvaient être dangereuses pour leurs patients comme pour eux-mêmes, souvent de manière tout à fait involontaire. Il en allait de même pour certains docteurs en médecine ou psychologues diplômés non spécifiquement formés à exercer en tant que psychothérapeute.

La loi cadre/psychothérapeute

Attendue depuis des décennies par les professionnels du soin et par le public, la loi de 2009  n’encadre pas la pratique de la psychothérapie mais seulement l’usage du titre de psychothérapeute. 
Ainsi, bien malgré elle, cette loi s’annule elle-même puisqu’il suffit de parler de psychothérapie pour ne pas être tenu par ses exigences en termes de formations, qualifications, comptes à rendre.
Et elle participe à rendre le paysage du soin psychique encore plus compliqué qu’auparavant.

Les titres ne garantissent pas la qualité

Les titres n’attestent en rien de la qualité de l’accompagnement. Ils attestent juste que des jurys ont reconnu ce qu’ils considèrent comme un niveau de formation, surtout théorique, des praticiens. 

En effet, les diplômes universitaires n’exigent pas de formation à l’écoute, à la bienveillance, à l’apprivoisement de ses propres angoisses, de ses propres fonctionnements, ni des techniques psychothérapiques. 
La loi ne change rien sur ce point. 
Le décret d’encadrement du titre de psychothérapeute ne recommande toujours pas cette formation personnelle et intime, ni par l’exigence d’une psychothérapie personnelle approfondie, ni par celle d’une supervision régulière. Les psychologues cliniciens et les psychiatres obteniennent le titre de manière automatique sur présentation de leur diplôme, les médecins sur attestation d’un stage. 

Le titre atteste d’une connaissance théorique en psychopathologie

Pour autant, le grand pas que constitue cette loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute par rapport au désert réglementaire précédent, réside dans le fait que seules les personnes sérieusement formées  à la théorie de la psychopathologie, c’est-à-dire formées aux maladies mentales, en théorie et par des stages en institutions psychiatriques, ont désormais le droit de s’appeler psychothérapeutes. Autrement dit, la loi est pensée pour définir les personnes considérées aptes à établir un minimum de diagnostic, pronostic et plan de traitement des désordres psychiques.

Son décret d’application de 2010 prévoyait une liste des psychothérapeutes agréés dans chaque région, chaque département. À ce jour, ces listes ne sont pas encore publiques. Pour autant, il est possible de demander si une personne est agréée, à condition de savoir dans quel département elle a reçu son agrément.
Ainsi par exemple, je suis passée devant un jury lyonnais dont la décision a été validé un an plus tard par le préfet du département de la Loire.

Psychiatre, psychologue, médecin, psychothérapeute ?

Selon cette loi de 2009 à faire usage du titre de psychothérapeute, la profession de psychothérapeutes agréées compte :

Les médecins ont fait de longues études pour être en mesure d’établir des diagnostics, des pronostics et proposer des traitements chimiques, mécaniques, d’hygiène. Beaucoup d’entre eux ont de grandes qualités humaines.
Dans le cadre de la loi, s’ils peuvent présenter une attestation de stage d’au moins six mois dans un  service de psychiatrie, à plein temps ou non, ils ont d’office le titre de psychothérapeute.
Leurs consultations sont prises en charge par la sécurité sociale et les mutuelles. 

Les psychiatres sont des médecins qui ont fait une spécialisation de 3 ans en psychiatrie. Leur titre de psychiatre atteste de leur formation à connaitre ce qu’il est convenu de nommer « les maladies mentales » et leurs traitements, essentiellement leurs traitements médicamenteux. Il atteste de leur formation théorique et pratique au chevet des malades. 
Leurs actes peuvent être pris en charge, partiellement ou totalement, par la sécurité sociale et les mutuelles.

Les psychologues ont aujourd’hui des spécialités extrêmement  diverses.
Leur titre garantit une formation universitaire de 5 années, essentiellement théorique. 
Il donne accès à des prises en charge gratuites dans les services hospitaliers comme les Centres Médico Psychologiques (CMP) par exemple, et fait souvent l’objet de prises en charges au moins partielle par les mutuelles. 

Les psychanalystes peuvent être médecins, psychologues, psychothérapeutes ou psychopraticiens. Il peuvent aussi ne se retrouver dans aucun de ces qualificatifs.
Traditionnellement et pour reprendre le mot de Lacan, est psychanalyste celui ou celle qui se reconnait tel et est reconnue par ses pairs. C’est pourquoi les psychanalystes se reconnaissant dans une « école », par exemple une société, une association. Leur adhésion à un groupement garantit la qualité de leur formation, d’autant plus que ce groupement est reconnu.

Cette formation consiste souvent en :

  • avoir fait soi-même un travail psychanalytique sérieux
  • avoir fait une analyse dite de contrôle
  • avoir fait une analyse dite didactique
  • avoir une connaissance suffisante des textes de référence fondateurs de leur groupement
  • être régulièrement supervisé

Les actes des psychanalystes peuvent être pris en charge par la sécurité sociale et par certaines mutuelles.  

Jusqu’à la loi de 2009, quiconque pouvait mettre sa plaque de psychothérapeute et recevoir du public.  
Quelles que soient leur formation et leur expérience, et malgré les efforts de leurs organismes représentatifs, les psychothérapeutes formés et supervisés n’avaient pas de reconnaissance ni de statut en France. 
Leurs actes pouvaient être pris en charge par certaines mutuelles, ou certains programmes subventionnés.
A la parution de la loi, en dehors  des psychologues, psychiatres et médecins, sont devenus psychothérapeutes celles et ceux qui ont été reconnus tels par des commissions représentatives au moment de la parution du décret d’application de la loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute. Ces commissions étaient plus ou moins sévères. En Rhône-Alpes, la commission était constituée essentiellement de psychologues et psychiatres. Le bruit a couru que seules 3 personnes avaient été agréées.

Aujourd’hui, quelques centres de formation sont habilités à décerner le titre de psychothérapeute à leurs étudiants, sélectionnés selon des critères agréées par l’état. 

Pour autant, aucun travail de psychothérapie personnelle approfondie ni aucune exigence de formation pratique et continue ni de supervision régulière ne sont requis.
Certaines personnes ayant le titre de psychothérapeute ne savent donc pas de quoi il s’agit. Car la psychothérapie est d’abord une expérience existentielle intime.

Les actes des psychothérapeutes peuvent être pris en charge par la sécurité sociale dans le cadre des hôpitaux qui les emploient. Leur pratique libérale en ville peut être prise en charge dans certaines conditions par certaines mutuelles. 

Ils se nomment psycho-praticiens, psycho, psy analytiques, thérapeutes, …

Certains psychopraticiens sont reconnus par la Fédération Française de psychothérapie et psychanalyse (FF2P). Ils répondent aux critères de reconnaissance de cet organisme en termes de formation initiale et continue, et de supervision. 

Les actes des psychopraticiens peuvent être pris en charge  dans certaines conditions par certaines mutuelles. 

Avant de s'engager avec un psy : s'informer, goûter, sentir, décider avec son ventre plus qu'avec sa tête

Nécessité absolue : vous renseigner par vous-même avec sérieux sur les compétences de votre psy.

Même les thérapeutes les plus reconnus sont bien en mal de donner des critères d’évaluation de la qualité de leur travail. D’autant plus qu’une ou un psychothérapeute peut tout à fait être une bonne ou un bon psychothérapeute pour une personne et pas pour une autre, du fait de leurs personnalités propres, des besoins de la personne à ce moment de sa vie, ou simplement du fait de la couleur du papier peint de son cabinet.
Avant de vous engager avec une ou un psychothérapeute, il est essentiel d’oser interroger non pas votre cerveau et votre système intelligent, mais votre ressenti, et de ne vous engager que si la petite personne au fond de vous semble d’accord, même si elle rechigne pour mille raisons ou qu’elle a très peur. Si votre ressenti vous indique une sensation quelconque négative, danger, inconfort, dégoût, du fait des caractéristiques du lieu ou de la personne du thérapeute, il est essentiel d’en tester d’autres.
On ne confie pas sa tête à n’importe quels ciseaux, on aimerait choisir son boulanger ou son boucher, a fortiori doit-on choisir son psy à qui l’on va confier son intimité.

Ne vous engagez pas si vous "ne le sentez pas"

Vous devez vous renseigner auprès des praticiens eux-mêmes, en leur demandant leur formation et leur titre, leur supervision, leurs affiliations ; vous renseigner aussi auprès de leurs connaissances, des professionnels de santé de proximité, sur les compétences, qualités et autorisations des psychothérapeutes de leur secteur.

Vous devez vous renseigner auprès de ces connaissances, et auprès de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse ou d’autres organismes plus ou moins représentatifs et exigeants sur la qualité de la formation de leurs adhérents. Il est important de vous renseigner sur la représentativité réelle et le sérieux effectif des organismes qui se revendiquent fédératifs, en regardant qui sont leurs membres, leurs intervenants, leurs réseaux, et quels sont leurs qualités et reconnaissances. En effet, certaines fondations dont les fondateurs savent ne pas remplir les exigences des grosses fédérations dont ils miment parfois les logos et les articles constitutifs.

La garantie des organismes professionnels

Je reste attachée aux critères retenus par l’Association Europpéenne de Psychothéapie et repris par la Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse des années avant la loi de 2009.
Ces critères font référence dans la profession.
En résumé, est psychothérapeute celui ou celle qui se reconnait et est reconnu tel par des pairs représentatifs de la profession, et s’il ou elle peut faire état des pré-requis suivants :

  • avoir suivi une psychothérapie personnelle régulière intensive sur plusieurs années
  • avoir un niveau d’études générales supérieur à bac+3 en sciences humaines
  • avoir suivi un cursus de formation spécialisé dans un courant thérapeutique de 4 années minimum
  • avoir suivi un apprentissage pratique de 2 années minimum
  • être supervisé régulièrement
  • après évaluation et autorisation par un jury spécialisé et reconnu, avoir pratiqué sous contrôle pendant 2 à 3 ans
  • suivre des formations très régulièrement

Ainsi, certains psychiatres, certains psychologues, et d’autres personnes sont psychothérapeutes, tout comme des psychiatres, des psychologues et d’autres personnes sont psychanalystes.