La loi ?

Psychothérapeute ? Psychothérapie ?

La loi cadre/psychothérapeute

Attendue depuis des décennies par les professionnels du soin et par le public, la loi de 2009 encadre l’usage du titre de psychothérapeute. Elle n’encadre pas pas la pratique de la psychothérapie.
Ainsi, bien malgré elle, elle s’annule elle-même puisqu’il suffit de parler de psychothérapie pour ne pas être tenu par ses exigences en termes de formations, qualification, comptes à rendre.
Et elle participe à rendre le paysage du soin psychique encore plus compliqué qu’auparavant.

Consensus difficile malgré le besoin d’encadrement

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Les titres ne garantissent pas la qualité

Les titres n’attestent en rien de la qualité de l’accompagnement. Ils attestent juste que des jurys reconnaissent ce qu’ils considèrent comme un niveau et une certaine qualité de la formation surtout théorique des praticiens. 

En effet, ces diplômes universitaires n’exigent pas de formation à l’écoute, à la bienveillance, à l’apprivoisement de ses propres angoisses, de ses propres fonctionnements, ni des techniques psychothérapiques. 
La loi ne change rien sur ce dernier point. 
Le décret d’encadrement du titre de psychothérapeute ne recommande toujours pas cette formation personnelle et intime, ni par l’exigence d’une psychothérapie personnelle approfondie, ni par celle d’une supervision régulière. Les psychologues cliniciens et les psychiatres obteniennent le titre de manière automatique sur présentation de leur diplôme, les médecins sur attestation d’un stage. 

Le titre atteste d’une connaissance théorique en psychopathologie

Pour autant, le grand pas que constitue cette loi relative à l’usage du titre de psychothérapeute par rapport au désert réglementaire précédent, réside dans le fait que seules les personnes sérieusement formées à la psychopathologie, c’est-à-dire formées aux maladies mentales, en théorie et par des stages en institutions psychiatriques, ont désormais le droit de s’appeler psychothérapeutes. Autrement dit, la loi est pensée pour définir les personnes considérées aptes à établir un minimum de diagnostic, pronostic et plan de traitement des désordres psychiques. 
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Un répertoire des psychothérapeutes

Son décret d’application de 2010 prévoyait une liste des psychothérapeutes agréés dans chaque Région, chaque département. À ce jour, ces listes ne sont pas encore publiques. Pour autant, il est possible de demander si une personne est agréée, à condition de savoir dans quel département elle a reçu son agrément.

Psychiatre, psychologue, psychtothérapeute ?

Selon cette loi, la profession de psychothérapeutes agréées compte :

Agréés ou non, reconnus ou non, se trouveront, comme avant la loi et son décret, des gens aux pratiques de grande qualité, aussi bien que des gens aux pratiques plus ou moins éthiques et plus ou moins aidantes, selon leur niveau de formation théorique, pratique et personnelle. Il s’y trouvera encore, malheureusement, des gens aux pratiques réellement dangereuses ou sectaires.

La richesse de la diversité

En France, comme dans de nombreux pays, la profession de psychothérapeute, comme celle de psychanalyste, est exercée par des personnes ayant des formations diverses. 
Cela participe de sa richesse et de sa créativité, mais aussi des risques inhérents à la diversité.
Si l’exercice du soin de l’âme existe dans toutes les cultures depuis l’antiquité, l’apparition du terme psychothérapeute remonte à seulement un peu plus d’un siècle.

Les critères habituels de reconnaissances d’un psy

Si la reconnaissance de l’exercice de la psychothérapie concerne des pratiques différentes, des outils différents, des certifications différentes, il était d’usage en France de considérer comme psychothérapeutes : 

  • certains médecins et en particulier certains psychiatres ;
  • certains psychologues et en particulier les psychologues cliniciens et certains psychologues formés aux techniques comportementales et cognitives ;
  • ainsi que certaines autres personnes s’étant formées au métier de psychothérapeute, sans être pour autant ni médecins psychiatres ni psychologues. 

Bien que quiconque, jusqu’à la loi de 2009, pouvait apposer une plaque de psychothérapeute, ce titre était théoriquement attribué quand ces médecins, psychologues et autres répondaient à un certain nombre de critères attestant de leur formation théorique, pratique et humaine. 

Jusqu’à la loi de 2009, les psychothérapeutes, quelles que soient leur formation et leur expérience, et malgré les efforts de leurs organismes représentatifs, n’avaient pas de reconnaissance ni de statut en France. 
Pour autant, leurs actes pouvaient être pris en charge par certaines mutuelles, ou certains programmes subventionnés.
Quiconque pouvait mettre sa plaque de psychothérapeute et recevoir du public. Les charaltants et les personnes insuffisemment formées n’étaient pas rares et leurs pratiques pouvaient être dangereuses pour leurs patients comme pour eux-mêmes, souvent de manière tout à fait involontaire. Il en allait de même pour certains docteurs en médecine ou psychologues diplômés non spécifiquement formés à exercer en tant que psychothérapeute.

Sentir avant de s’engager avec un thérapeute

Nécessité absolue :
vous renseigner par vous-même avec sérieux sur les compétences de votre psy

Même les thérapeutes les plus reconnus sont bien en mal de donner des critères d’évaluation de la qualité du travail. D’autant plus qu’un psychothérapeute peut tout à fait être un bon psychothérapeute pour un patient et pas pour un autre, du fait de leurs personnalités propres, de besoins du patient à ce moment de sa vie, ou simplement du fait de la couleur du papier peint de son cabinet.
Avant de s’engager avec un psychothérapeute, il est essentiel d’oser interroger non pas notre cerveau et notre système intelligent, mais notre ressenti, et de ne s’engager que si la petite personne au fond de nous semble d’accord, même si elle rechigne pour mille raisons ou qu’elle a très peur. Si notre ressenti nous indique une sensation quelconque négative, danger, inconfort, dégôut, du fait des caractéristiques du lieu ou de la personne du thérapeute, il est essentiel d’en tester d’autres. 
On ne confie pas sa tête à n’importe quels ciseaux, on aimerait choisir son boulanger ou son boucher, a fortiori doit-on choisir son psy à qui l’on va confier son intimité.

Ne vous engagez pas
si vous « ne le sentez pas »

Vous devez vous renseigner auprès des praticiens eux-mêmes, en leur demandant leur formation et leur titre, leur supervision, leurs affiliations ; vous renseigner aussi auprès de leurs connaissances, des professionnels de santé de proximité, sur les compétences, qualités et autorisations des psychothérapeutes de leur secteur.
Vous devez vous renseigner auprès de ces connaissances, et auprès de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse ou d’autres organismes plus ou moins représentatifs et exigeants sur la qualité de la formation de leurs adhérents. Il est important de vous renseigner sur la représentativité réelle et le sérieux effectif des organismes qui se revendiquent fédératifs, en regardant qui sont leurs membres, leurs intervenants, leurs réseaux, et quels sont leurs qualités et reconnaissances. En effet, certains fondent des fédérations parce qu’ils ne remplissent pas les exigences des grosses fédérations dont ils miment parfois les logos et les articles constitutifs.

Illsutration explicite de la réalité actuelle du métier de psychothérapeute en France

La garantie des organismes professionnels

Pour ma part, je reste attachée aux criètes retenus parl’Association Europpéenne de Psychothéapie et repris par laFédération Française de Psychothérapie et de Psychanalysedes années avant la loi de 2009.
Ces critères font référence dans la profession.
En résumé, est psychothérapeute celui ou celle qui se reconnait et est reconnu tel par des pairs représentatifs de la profession, et s’il ou elle peut faire état des pré-requis suivants :

  • avoir suivi une psychothérapie personnelle régulière intensive sur plusieurs années
  • avoir un niveau d’études générales supérieur à bac+3 en sciences humaines
  • avoir suivi un cursus de formation spécialisé dans un courant thérapeutique de 4 années minimum
  • avoir suivi un apprentissage pratique de 2 années minimum
  • être supervisé régulièrement
  • après évaluation et autorisation par un jury spécialisé, avoir pratiqué sous contrôle pendant 2 à 3 ans
  • suivre des formations très régulièrement


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Ainsi, certains psychiatres, certains psychologues, et d’autres personnes sont psychothérapeutes. Tout comme des psychiatres, des psychologues et d’autres personnes sont psychanalystes.