Analyse de la pratique orientation systémique et corporelle

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La technique des « sculptures » apparait pour la première fois sous la plume de Kantor aux Etats-Unis en 1965. Depuis elle est utilisée en psychothérapie familiale, conjugale ou individuelle, en analyse de la pratique, en supervision, ou en formation.

Elle est présentée ici selon un schéma d’élaboration d’un scénario groupal. Elle peut aussi être pratiquée à partir d’un scénario personnel proposé par un membre du groupe.

objet : 
La présentation que faitHanotsur internet et qui s’appuie sur de nombreux auteurs a le mérite de se trouver sur internet, d’être synthétique et claire. Aussi nous la reprenons ici dans ces grnades lignes. La sculpture permet d’explorer des niveaux émotionnels plus profonds et plus inconscients, et d’éviter la difficulté et parfois l’impossibilité, de verbaliser certains vécus affectifs. L’objectif est donc de découvrir de nouvelles compétences chez les [participants], compétences qui se situent au niveau du corps et de l’émotion. Par le biais de la sculpturation, on mobilise « énormément l’émotionnel et le corporel. La part laissée au langage analogique est prépondérante. Et le vécu émotionnel direct et intense fait surgir des éléments et des souvenirs moins accessibles au niveau verbal, élargit le nombre de points de vue possibles, et active donc du « changement ». 

– Vivre une situation pour mieux l’analyser dans sa complexité ou sous toutes ses facettes. 
– Comprendre de l’intérieur le point de vue d’autrui.
– Evaluer, réajuster et ouvrir l’éventail des rôles sociaux et professionnels tenus dans la vie quotidienne. Il permet d’explorer, expérimenter, développer, entraîner au changement et donc de donner à l’individu un plus grand degré de liberté et de spontanéité. 
Dans ce type de travail l’objet n’est pas la personne, mais les relations, les liens, les distances, le fonctionnement du système-groupe ou du système-couple. Et l’intérêt particulier de ce type de travail en « arrêt sur image » réside notamment dans le fait que l’immobilité corporelle et les tensions musculaires qui en découlent forcent l’attention sur le corps, c’est-à-dire sur l’être-là, ici dans cette situation. Le langage du corps prend alors le pas sur les défenses mentales qui pourraient tenter de nous éloigner du cœur/du corps de ce qui se vit. Or nous savons que bien souvent c’est le manque de présence à l’ici et maintenant, autrement dit notre manque d’incarnation,  qui nous fait perdre le contact avec nous-même et avec les autres.

méthode : attention à l’interpersonnel et aux ressentis corporels
Le travail est focalisé sur les liens interpersonnels.Une attention particulière est portée aux ressentis musculaires, sensoriels, et émotionnels.
Chacun expérimente dans et par le groupe :
– partant de prises de conscience de mes propres sensations, émotions, pensées et images ;
– en passant par celles que je constate et/ou que j’imagine chez l’autre et les autres ;
– et par ce que je vis à travers et par le groupe ;
     +  Analyse systématique, par les acteurs, de ce qui est vécu (sensations, émotions, images, associations, pensées), et de ce que nous pouvons en penser et en tirer.

déroulement :
Il faut compter une heure et demie à deux heures et demie.

Le travail se déroule en 5 temps :
1. Elaboration par le groupe d’un scénario consensuel d’une situation de vie.

2. Une fois le consensus trouvé sur le scénario, un membre du groupe se désigne sculpteur de la situation. En fait, selon les observations des chercheurs-praticiens sur le fonctionnement des groupes, il est désigné par le groupe autant qu’il se désigne, ou il accpete la désignation par le groupe. À ce titre, il est primordial de le soutenir dans son travail. Il rend service au groupe en prenant le risque de s’exposer ainsi. Son rôle est alors de se servir de ses collègues pour sculpter la situation en demandant aux uns et aux autres de prendre très précisément telle posture, tel geste, tel regard, pour représenter tel élément du scénario, non seulement les personnes mais aussi certains autres éléments comme un animal, une porte, un tableau, un nuage. Les autres participants ne sont plus alors que des outils disponibles pour le sculpteur qui seul décide de la représentation du scénario.

3. Quand le sculpteur est suffisamment satisfait de sa sculpture, chacun des participants représentant un élément du scénario tient sa posture un certain temps. Et, pendant ce temps, qu’il soit sculpté, sculpteur ou observateur, chacun est invité à se centrer sur ce qu’il voit, sent et ressent de la situation du groupe et de chacun. Ce temps est le plus souvent difficile à tenir tant la mise en scène fait apparaître les enjeux et les tensions de situations réelles, tensions qui  se manifestent vite en tensions musculaires et en émotions tout à fait significatives des nœuds relationnels et des tensions psychiques et émotionnelles mises en scène inconsciemment par le sculpteur. Ces tensions musculaires émergent sous formes de mimiques, elles forcent l’attention sur le corps, c’est-à-dire sur l’être-là, ici dans cette situation. Le langage du corps prend le pas sur le langage et les défenses mentales qui nous éloignent du cœur/corps de ce qui se vit.

4.  Enfin, chacun est invité, dans un certain ordre, à verbaliser ce qu’il a ressenti au plan de ses propres sensations, émotions, images et associations d’idées, pensées, ce qu’il a imaginé de celles des autres, et ce qu’il comprend du fonctionnement du groupe dans une telle situation. On demandera aux sculptés de s’exprimer en premier dans l’ordre qui leur convient ou dans un ordre proposé par l’animateur selon ce qu’il sent. Puis on demandera au sculpteur, enfin aux observateurs. Ainsi, les membres du groupe les plus concernés par des ressentis corporels s’expriment en premier, les membres du groupe ayant pris le moins de risques du fait de leur position d’observateur s’expriment en dernier pour le recul qu’ils ont pu garder.
Malgré le foisonnement de ressentis, chacun s’applique à présenter d’abord ses sensations physiques, puis ses émotions, enfin ses images, associations, pensées. 

Cette analyse met en lumière des fonctionnements mais aussi des croyances des uns par rapport aux autres. En particulier, elle met en évidence les mouvements de peur et les stratégies élaborées par chacun pour les surmonter. Le groupe vérifie au fil des expérimentations que ces peurs et stratégies sont moins liées aux personnalités propres des acteurs qu’aux fonctions et postures que le sculpteur leur fait prendre. Ces prises de conscience « dans le jeu » s’avèrent tout à fait essentielles du processus de changement qui se met en œuvre pour les membres du groupe dans leurs situations de vie réelles.

  L’ouvrage S’écouter pour écouter paru aux éditions de la Chronique sociale en septembre 2015 est basé sur mon expérience de telles supervisions, en donne des explications plus détaillées et des illustrations.

Les tarifs s’adaptent aux caractéristiques de chaque groupe et de ses modalités de fonctionnement.